5ème Dimanche de Pâques Année – A

« Ne soyez pas bouleversés ! Je m’en vais vous préparer une place… »

 

Chers Bien-aimés du Christ,

La question de « Place » est une question très importante dans la vie. Surtout une place très en vue ; elle suscite et génère très souvent beaucoup de tensions au sein d’une communauté. Rappelons-nous du mécontentement d’une partie des disciples de Jésus lorsque la femme de Zébédée vint auprès du Maitre pour demander deux places pour ses deux fils, Jacques et Jean. (Cf. Matthieu 20 : 20-21)


Il est aussi question de place et de mécontentement dans la première lecture du jour, avec certaines veuves qui ne trouvent pas, à cause de la langue qu’elles parlent, une place au sein de la communauté à laquelle elles sont censées appartenir au nom de leur foi. La place, c’est aussi la demande de Pierre, pour lui et pour ses autres compagnons de Jésus : « Et nous qui avons tout laissé pour te suivre, qu’en sera-t-il de nous ? » (cf. Matthieu 19 : 27). La « place » que Jésus nous a préparée, serait-ce celle de la reconnaissance ou celle de la récompense pour nos performances ?


Une fausse interprétation du terme « Place » pourrait nous conduire à certaines déconvenues et éventuellement à la difficulté de comprendre et de suivre Jésus-Christ là où il nous amène. La bonne place près de Jésus, c’est peut-être, tout simplement être des pierres vivantes, comme nous le rappellera l’Apôtre Pierre dans la deuxième lecture. Etre pierre vivante de l’Édifice, du Temple de Dieu, serait tout simplement savoir « être avec les autres », être avec les autres qui éventuellement ne sont pas comme moi, à cause de leur langue, à cause de leur culture, bref à cause de l’apparente différence. La place de la pierre vivante qui entre dans la construction de la demeure spirituelle de Dieu, c’est le croyant qui dit non au rejet de l’autre, celui ou celle qui est attentif aux gémissements de l’autre, celui et celle qui est prêt à apporter un soulagement.

La « place » qui suscite et crée des inégalités, des mécontentements, des jalousies et des divisions, n’a pas sa PLACE auprès de Jésus et ce n’est pas non plus celle qu’il prépare pour ses fidèles disciples que nous sommes.


Jésus nous entraine sur le chemin de service comme nous pouvons d’ailleurs le constater dans les faits et gestes de la première communauté chrétienne qui nous est présentée dans la première Lecture du jour. En se multipliant , les membres de la jeune communauté viennent évidemment avec toutes leurs différences. Fallait-il donc délaisser les uns et privilégier les autres sur la base de ces prétendues différences apparentes ? Confrontés à ce problème, les Apôtres de Jésus optent pour la répartition des rôles plutôt que pour la séparation ou la division : certains au service de la Parole pour l’édification de la foi, d’autres au service des frères et sœurs pour le bien-être physique des membres de la communauté des croyants. Les deux services se complètent ; jamais l’Un sans l’Autre. La Place préparée par Jésus pour ses fidèles disciples serait très probablement celle du service, l’agir qui devient inévitablement Évangile et Évangélique.

P. Jean-Djosir UP – Alliance