3ème Dimanche de Pâques

Nos cœurs n’étaient-ils pas brulants lorsqu’il nous parlait ?

Chemin d’Emmaüs : Jésus à nos côtés

 

Chers bien aimés du Christ,

La tristesse et le découragement, nous tous, nous en avons fait l’expérience à un moment ou un autre de notre vie. Cette expérience désagréable de la vie, poussée à son paroxysme, peut aller jusqu’à s’apparenter à la désespérance.  A ce point, elle nous envahit, nous éblouit au point que nous devenons non seulement méconnaissables, mais nous ne reconnaissons pas non plus ce qui nous est proche et familier.

Et pourtant, tout est peut-être là, là juste à côté de nous, pour que la situation change. C’est l’un des enseignements que nous pouvons tirer de la réaction des disciples d’Emmaüs qui se demandent : « Mais nos cœurs n’étaient-ils pas brulant lorsqu’il nous parlait ? ».  Et si leurs cœurs étaient brulants lorsque Jésus leur parlait, qu’est-ce qui les a empêché donc à être attentifs à cette sensation forte et brulante ?

Ceci pourrait-il éventuellement expliquer pourquoi ils ont été incapables de reconnaître Celui qu’ils ont côtoyé pendant des années ?

Parfois, beaucoup de fois, nos certitudes mettent/enferment les choses dans un cadre ; cela pourrait même être Dieu. Curieusement, lorsque ce que nous avons ratissé et mis dans notre cadre se présente autrement, comme hors de notre cadre, nous ne le reconnaissons plus. Trois jours après la passion et la crucifixion de Jésus-Christ Marie Madeleine comme Cléophas, s’attendent normalement à voir un Jésus enseveli au fond d’un tombeau ; et pourtant, Il n’est pas là comme ils le pensent ou bien comme l’attendent. Il est évident que, lorsque nous faisons l’expérience d’un grand espoir déçu par exemple, d’un deuil cruel, d’un échec cuisant, d’une maladie incurable, ou bien même la fin d’une grande amitié, un revers de fortune, une calomnie ou une médisance provenant d’un ami, d’une infidélité désastreuse, notre regard s’éteint, on marche la tête basse et on a envie de se retirer. Et voilà : nos chers amis, disciples de Jésus-Christ, grandement tristes et déçus, se retirent de Jérusalem.

L’enfermement empêche de vivre ; l’enfermement de l’Esprit et du corps. Mais Jésus, par sa puissance divine et mystérieuse nous rejoint toujours dans cet enfermement, sans nous juger, sans nous condamner. Il prend le temps de nous écouter jusqu’au bout même quand on ignore sa présence ; et quand nous voulons parler de nos ‘mésaventures’ et n’avons pas la moindre intention de l’inviter dans la conversation, Il s’immisce. Il veut nous amener à lire les choses sous un autre angle, sous l’angle de la lumière divine, sous l’angle de la foi, et non sous notre seul propre angle.

Les disciples d’Emmaüs après avoir raconté leur ‘mésaventure’ et leur ‘déception’ à l’inconnu du chemin, se prêtent aussi à écouter ce dernier, ils se laissent instruire. Dans leur partage et leur relecture des Textes Anciens, ont-ils dit quelque chose de l’hospitalité et du partage ? Saint Luc ne le rapporte pas ici, mais c’est ce que les disciples d’Emmaüs vont proposer à leur ‘inconnu du chemin’ ; et la suite de l’histoire on la connaît. Dieu se révèle et se fait (re)connaître à la fraction du pain, dans le partage, dans la communion fraternelle. Quand le jour baisse, quand notre regard est tenté de s’éteindre, nous pouvons compter sur Jésus-Christ.

Il est différemment en nous et avec nous, pas comme nous l’avions toujours eu en nous et avec nous dans la sainte Hostie.

Il nous rencontre différemment à la maison, pas comme Il l’a toujours fait à l’église lors de nos assemblées autour de son autel.

Et pourtant,

IL EST LE MÊME, SOYONS ATTENTIFS À NOS CŒURS QUI BRULENT EN NOUS, ET NOUS RECONNAITRONS QU’IL EST LÀ ! ET VIVANT !

Jean-Djosir – UP Alliance